Si on n’a pas un bon pied, on n’a pas la grâce

Le danseur étoile Jean-Charles Gil expose la beauté et la douleur d’avoir dansé.

« Pas de côté », c’est le titre de la dernière exposition de Jean-Charles Gil, ancien danseur étoile de Roland Petit et du ballet de Monte-Carlo à la carrière internationale. Depuis la fin de sa carrière d’étoile, il poursuit son art et devient plasticien, autour de la danse évidemment.

Roland Petit voit en lui un artiste « doté de tous les dons ». Jean-Charles Gil était déjà danseur étoile à l’âge de 19 ans. Sa danse est devenue écriture. L’artiste nous raconte ses dernières œuvres murales. Des couleurs jaillissent sur les murs du centre d’art Polaris, à Istres, des traits de couleurs vives. Ce sont des échappées, des pas de bourrée, « ce qui se marque sur le sol et qui ne se voit pas quand on danse. » Le danseur crée toujours avec son corps .

Je reproduis avec mes bras, ce que je fais avec mes pieds.Jean-Charles Gil

De la danse aux expositions

Jean-Charles Gil n’hésite pas à refaire quelques pas dans la galerie d’art. Il en a tellement fait, en chaussons ou pieds nus. Après un début chez Roland Petit, il joue sur des scènes prestigieuses, danse pour de grands noms comme Noureïev, Barychnikov, Béjart, et dirige enfin sa compagnie. Il a les pieds plats, ne dit rien, le cache et travaille beaucoup plus que les autres danseurs.

« Pas de Côté » marque une évolution profonde de la pensée artistique de cet homme, au-delà des frontières qu’il s’était jusqu’alors imposées. Il surprend interroge et bouleverse en abordant la souffrance, la sienne et celle des hommes, universelle, multiple.

Après 40 ans de danse et de souffrance, le chorégraphe est devenu plasticien. Ses pieds sont très abîmés et il en joue avec des radiographies géantes accrochées au mur. On y voit un hallux valgus, de l’arthrose, de l’usure. Comment danser avec de telles douleurs ?

« Ça donne beaucoup d’arthrose, ça donne des fractures, ça donne des douleurs (…) il faut être persistant, dès qu’on a un petit bobo, il faut passer outre. Il faut savoir se soigner tout seul, il faut savoir se prendre en charge, bien écouter les bons conseils, mais les pieds, c’est très important pour un danseur. C’est le point d’appui de l’équilibre, du rebond du saut de la grâce. »

Si on n’a pas un bon pied, on n’a pas la grâce.Jean-Charles Gil

En exposant ses douleurs, le danseur parle d’une vérité « Elle est toujours cachée, on la cache, on l’écrase. Et moi je les montre (les pieds) d’une façon claire, en couleur, et c’est une façon de dire que la souffrance peut-être transformée en beauté. » (…)

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Une exposition intime et humaine

Champs de chaussons

L’express 18-24 juillet 2024

Jean Charles Gil sur la pointe des pieds

Connaissance des Arts

Exposition Jean-Charles Gil : « Derrière les compositions originales de ses chaussons fatigués, ce sont les douleurs de ces danseurs qui nous traversent »

Dans le dortoir, la salle capitulaire et le réfectoire de l’abbaye de Silvacane, près d’Aix-en-Provence, le danseur Jean-Charles Gil expose jusqu’au 8 septembre ses sculptures composées à partir d’anciens chaussons, symboles de douleur et de passion.

Le danseur de l’année

Détail de Préambule/La Ballerine (1998) de Jean-Charles Gil, présenté dans l’exposition « Jean-Charles Gil. Passion » à l’abbaye de Silvacane, La Roque d’Anthéron, 2024 (©Guy Boyer/Connaissance des Arts).

Formé à Lausanne dans les années 1970, Jean-Charles Gil a effectué une immense carrière internationale, invité aussi bien par Noureev pour son Roméo et Juliette que par Barychnikov qui, blessé, lui demande de le remplacer dans Gisèle pour l’ouverture de la saison du Metropolitan Opera de New York. Il reçoit le titre de « Meilleur danseur de l’année » par la presse américaine en 1983. Après des années de danse, Jean-Charles Gil devient chorégraphe, d’Electre pour le ballet du Grand Théâtre de Bordeaux à Fantaisie pour tous. En parallèle, à partir de 1998, il se lance dans une sculpture originale en employant ses anciens chaussons de danse ou, ici, ceux de proches comme la danseuse étoile Paola Cantalupo.

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Jean-Charles Gil sur la pointe des pieds – L’EXPRESS

L’agenda culturel. Reconverti en artiste plasticien, l’ex-danseur étoile de Roland Petit recycle chaussons et pointes pour créer des œuvres uniques, odes à l’effort et à la transmission.

ll en a bavé, Jean-Charles Gil, pour atteindre les sommets de son art… « Mes pieds n’étaient pas prédisposés à la danse mais il n’était pas imaginable de renoncer », raconte-t-il aujourd’hui, après plus de vingt années passés à fouler les plus grandes scènes internationales et presque autant comme chorégraphe à la tête du Ballet d’Europe fondé à l’orée du XXIe siècle. Il y a eu les débuts chez Roland Petit qui le nomme danseur étoile en 1979, puis les tournées mondiales en « guest », du Ballet national du Canada au Béjart Ballet de Lausanne avec l’inoubliable Sacre du Printemps, en passant par le Met de New York, la Scala de Milan ou l’Opéra de Paris qui lui offre le rôle-titre dans Roméo et Juliette au milieu des années 1980, et enfin l’ultime étape étoilée au sein des Ballets de Monte-Carlo.

Qu’il ait dansé pour les autres ou fait danser les autres, cette histoire de pieds ne l’a jamais quitté. Un lien puissant tissé avec ses demi-pointes, nourri de sueur, de tourments, de joie aussi. Ces chaussons, qui sont pour un danseur une sorte de seconde peau, un témoin des doutes et des triomphes, un complice au long cours parfois mué en bouc émissaire, sont désormais au cœur de la création plastique de Jean-Charles Gil, 64 ans aujourd’hui. Il les recycle, les assemble en compositions, à mi-chemin entre l’installation et la sculpture.

Même s’il se consacre totalement à cette nouvelle forme d’expression depuis seulement cinq ans, l’ex-danseur-chorégraphe l’a longuement mûrie. En 1998, déjà, comme un exutoire qui le conduirait deux décennies plus tard à s’assumer plasticien à part entière, il avait élaboré une première œuvre à partir du parcours de la ballerine Paola Cantalupo, de ses chaussons portés petite fille jusqu’aux pointes arborées par la danseuse étoile des Ballets de Monte-Carlo. Puis, une fois l’aventure du Ballet d’Europe derrière lui, Jean-Charles Gil a pu donner libre cours à cet élan créateur. Sur la pointe des pieds, tant l’homme reste discret, œuvrant à l’abri des bruits du monde dans son domaine agricole sur les rives de la Durance. (…)

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Vernissage exposition PASSION 13-07-24

La Provence 13 juillet 2024

Jean-Charles Gil Passion